0001 Corps en chantier Body in Process

Lukas Zpira... hacking the body

Lukas Zpira… hacking the body

Le corps en chantier, body in process…

Un nouveau chantier s’ouvre à la compréhension de ce que les humains font sur leur corps pour se construire en tant qu’individus.

Depuis le milieu des années 1990, les modifications corporelles de l’apparence (les « bodmods ») ont été au centre de mes préoccupations. En vingt ans, elles se sont transformées. Les techniques se sont affinées. Leur usage s’est diversifié… Tatouage, piercing, stretching, scarification, splitting, implants sous-cutanés ou transdermiques… participent à la construction d’apparences normées aussi bien qu’à des looks déjantés, corrosifs, dérangeants. Les conventions de tatouages rendent accessibles les tatoueurs les plus créateurs, les tatoueuses les plus originales à un public qui, parfois, ne connaissait du tatouage que les flashs à la mode. Les salons de piercings se multiplient et circulent sur Internet les images de ce que l’on peut faire au corps pour en modifier l’apparence.

Bodies in process, ce sont ces corps en chantier qui troublent le monde des apparences. Ils ouvrent pour moi un chantier de la connaissance qui  rassemble des parcours de vie, des histoires de transformations de soi, des trajectoires d’artisans de la chair, d’explorateurs de la beauté…

L’idée consiste à passer par le web pour poser le chantier. Pour rendre visible les fouilles, en délimiter le territoire, en extraire les vestiges. Le chantier de la recherche des corps modifiés. Puis rendre compte aussi du processus, pierre après pierre, mur après mur… de ce qui se construit. Restituer ce qui fait que l’on puisse dire « ceci est mon corps ».

LZA trois étoiles implantés dans le bras par Steve Haworth

LZA trois étoiles implantés dans le bras par Steve Haworth

L’option est simple. Il s’agit de parler de personnes qui ont modifié leur corps volontairement, de manière plus ou moins approfondie et radicale. Aller voir le paysage qu’elles ont construit à partir d’elles, de leur bricolage d’elles-mêmes. Rien n’est balisé. Certaines d’entre elles sont déjà connues. Je les ai interviewées. Il y en a d’autres que j’ai rencontrées physiquement, avec qui des relations se sont déjà nouées. Et puis enfin, il y a celles que les médias sociaux me permettent de découvrir, avec qui je peux échanger, même à des milliers de kilomètres de distance, autour des mêmes questions, celle du corps qui se modifie, celle de la construction de soi à travers la transformation, celle des modèles de façonnage du corps qui se créent, se détournent, se mélangent.

Le projet vise à établir une sorte de chronique, débutée en 2015, mais avec des flash-backs, des chapitres qui se construisent sur des personnages de la scène contemporaine des modifications corporelles, ou sur l’émergence de pratiques… il est une forme de contribution à un recueil des modifications de l’apparence, déjà largement engagé par Shannon Larrat en 1994 avec BME (Body Modification Ezine) et poursuivi jusqu’à sa mort avec modblog. Mais il ne s’agit pas de créer un simple conservatoire de ces pratiques. L’idée est plutôt de les faire vivre à travers celles et ceux qui les produisent, les explorent, à travers les marques corporelles dont on se signe à la lame, à l’aiguille ou au scalpel…

Shannon Larratt

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s