0009 corps de femmes, esprit punk, body hacking: le projet GynePunk

Gynepunk

Gynepunk

Ce billet illustre quelques pistes qui n’avaient été qu’avec peine esquissées dans les billets précédents, que ce soit dans généalogie du corps punk ou dans les body hackers sont parmi nous.

Sur le corps punk, je travaille à analyser ce que l’esprit punk a généré, au-delà de la musique, au-delà des apparences, au-delà de son folklore. Celui sur les body hackers était orienté de la même manière. Dans les deux cas, il s’agissait d’interroger « la production artisanale du corps », à partir de l’appropriation des savoirs du corps (notamment les savoirs biologiques, médicaux, pharmaceutiques) par les actrices et les acteurs (ou par les associations ou collectifs « d’usagers »), en vue de produire leurs propres pratiques, leurs propres usages du corps, en dehors (voire contre) les modes légitimes de gestion du corps (par la médecine, le droit, les religions…). Le corps punk ainsi exploré renvoie à un projet de maîtrise approfondie de la connaissance et de la technique pour la rendre disponible pour toutes et pour tous.

Décoloniser le corps gynécoloqiue

Décoloniser le corps gynécologique

Le lien avec la philosophie du hacking, avec le bricolage, le Do it yourself (DIY), le détournement des règles et la transgression des systèmes établis se retrouve dans ce que l’on fait avec et par le corps, et cela dans tous les domaines: politique, esthétique, éthique et, en l’occurrence, médical. Le projet GynePunk condense en effet l’idée de hacking du corps dans une perspective punk. Celles qui se définissent comme des sorcières cyborg (cyborg witches) visent à décoloniser le corps gynécologique.

J’ai découvert leur travail grâce à un article d’Ewen Chardronnet intitulé: GynePunk, les sorcières cyborg de la gynécologie DIY et que je vous laisse lire pour plus d’informations.

L’influence d’Annie Sprinkle sur la sexualité, de Beatriz Preciado, n’est pas seulement théorique. Elle se concrétise par des mises en oeuvre liées au vivre ensemble (selon une démarche communautaire et partagée), par l’invention de nouveaux moyens d’obtenir du plaisir (invention de lubrifiant naturel) mais aussi d’accéder aux soins gynécologiques pour les plus démunies (femmes clandestines, travailleuses du sexe…) grâce à la création d’un kit de gynécologie d’urgence et le bricolage d’une centrifugeuse, d’un microspoce et d’un incubateur permettant d’analyser les fluides corporels. Tout cela dans une historicité politique rendant hommage aux premières femmes-cobayes ayant permis la production (sans anesthésie) des savoirs gynécologiques modernes.

Le corps en kit se prolonge. Les kits du corps se diversifient.

Le punk est là. Il n’est pas mort. Le corps s’explore encore.

pour lire le manifeste des GynePunk (en anglais)

« no body can burn US! NO ONE!
the witches NOW have the flames » (GynePunk)

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  1. Pingback: 0006 Les body hackers sont parmi nous | bodiesinprocess

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